N'autre histoire

Atelier public de re-création collective

Le projectionniste n’a plus sa place dans une salle de cinéma.
Cette proposition le réhabilite
Comme au temps des frères Lumières.
Passer et repasser vos films au rythme de la manivelle.
En avant en arrière, retours de manivelle, arrêt sur images.
Invitation à venir « re-tourner » son film.
Il s’agit de le recomposer, de le remixer.
À pleine vitesse ou au ralenti.
Vies, visages recomposés du passé.
Comme dans les rêves, les images s’en mêlent.
Fantômes du passé en temps présent.

Les ingrédients

  • un partenaire territorial

  • un ou deux témoins

  • Des images à projeter (super 8 de préférence)

  • 3 à 80 personnes pour en discuter

  • la main-vielle à roue

  • Olivier et Bernard

  • André, Marina, Audrey et Stéphane

Les étapes

Les ateliers N'autre Histoire s'organisent avec des partenaires territoriaux qui permettent la rencontre entre l'équipe et les témoins du territoire disposant de films super 8, images animées et/ou photos à exploiter, et disposés à témoigner.

La présentation initiale du projet permet de mettre sur pied une intervention sur mesure ajustée aux spécificités de chaque territoire. La formule N'autre Histoire, toujours originale, s'articule ensuite autour de 2 ou 3 temps, selon les cas :

Temps 1 - La rencontre et la préparation

Une fois validé le choix des témoins et détterré les super 8 qui attendaient d'être redécouverts, un rendez-vous est organisé pour assurer les présentations.

André Minvielle présente la main-vielle à roue et ses possibilités aux participants. Les participants présentent les films déposés.

Partant de ces échanges, André Minvielle dispose du matériel (images et paroles) nécessaire pour réaliser la numérisation et le montage du film qui sera pojeté avec la main-vielle à roue lors de l'atelier public.

Temps 2 - L'atelier public de création

Le participant se voit confier la main-vielle à roue pour dérouler le film devant un public choisi (maximum 80 personnes). Il devient l'espace d'un soir le projectionniste oublié et disparu des salles de cinéma actuelle.

La main-vielle lui permet de se rendre maître du temps : marche avant, marche arrière, superpositions d'images en interaction avec le public.

L'atelier fait l'objet d'une captation vidéo et sonore réalisée en partenariat avec Les Mutins de Pangée, Cette captation permet de conserver la mémoire de l'atelier de recréation collective et de la propager sous différents formats :

  • Un montage de la séance ( de 4 à 10 minutes) est réalisé pour alimenter la bibliothèque des tableaux sonores du projet Suivez L'Accent.
  • Un montage plus conséquent (30 à 45mn) peut-être réalisé et donner lieu à une projection pour un public beaucoup plus large dans le cadre d'une soirée concert animée par André Minvielle.
  • Un documentaire au long cours réalisé par Olivier Azam, visant à raconter une histoire populaire de la France.

Temps 3 - Soirée concert & projection (optionnel)

Un retour de l’équipe sur le territoire est possible après la production des images captées lors des ateliers publics. Ces films pourront être projetés à un large auditoire afin de les partager avec le plus grand nombre et suivis d’un concert solo d’André Minvielle (Bo Vélo de Babel) ou du Ti’Bal Tribal (musique à danser avec André Minvielle, Juliette Minvielle et Fernand « Nino » Ferrer).

Dialogue en image

Facebook, Instagram, chacun construit l’actualité de sa propre vie. Les images se multiplient, s’entrechoquent, s’annulent, et disparaissent de la mémoire vive.  Crash, bug, jamais les images ne reviennent de la corbeille virtuelle vidée. Comment l’humanité se pensera sans souvenirs ni transmission ? N’autre histoire, c’est redonner du sens aux images, à la mémoire, au « vivre ensemble », au « penser ensemble », car pour penser et vivre, il faut du temps, de la durée, de l’hésitation, du
doute, arrêter le temps, revenir en arrière pour repartir en avant.

Ralentir le flux, retrouver la mémoire

Absorbés par le flux d’images continues où s’entremêlent le torrent médiatique et les milliers de petites vagues émises et filtrées par les courants des « réseaux sociaux », les populations en arrivent à ne plus se voir directement et donc à comprendre la réalité de l’autre. Et pourtant, quand les gens commencent à se regarder et se parler, les a priori ont du souci à se faire.

Retourner dans le passé, oui, mais pas pour y rester !  Les images du passé, par le prisme de la bienveillance nostalgique amènent à penser le  présent. Comment vivait‐on au temps du Super 8 ? Comment faisait‐on la fête au village, c’était quoi la « culture » et le travail ? Comment se passaient les foins et les vendanges, et la chasse et ces familles espagnoles qui avaient fui la misère et la persécution... Revenir dans les images du passé, faire l’effort de se les raconter, d’essayer de les comprendre, et comprendre pourquoi son voisin fait de la sorte, s’expliquer en somme. C’est un début de dialogue, un dialogue en images, qui se magnifie dans la création artistique collective.

Pour oeuvrer avec la main-vielle à roue

Par Bernard Semerjian, "projectionniste" du tableau Palimpseste Arménien

Choisir un ou plusieurs films Super 8 (et autres supports en images) un ou plusieurs de ces films qu’on a oubliés au fond d’un placard et que, de toute façon, on ne peut plus visionner faute d’un projecteur en état de marche.
Ce ou ces films vont être numérisés.

Ensuite, voir les films. Laisser agir les émotions que font surgir ces images retrouvées. Parler, commenter, raconter…

Ne surtout pas s’arrêter là où un simple projecteur aurait fait l’affaire. La main-vielle ouvre la voie à l’aventure artistique. S’approprier les images, les retraiter. Fabriquer, projeter et faire partager un nouveau film.

Avec la main, tourner la manivelle. Créer son rythme, se rendre maître du temps : accélérer ou ralentir, faire des pauses, aller en avant ou revenir en arrière.

Avec le pied, actionner la pédale pour introduire d’autres images, faire des fondus, créer des surimpressions. Pour cette opération, on peut s’en tenir au hasard et se laisser surprendre par ces collages improvisés, mais on peut aussi, en introduisant les images dans la machine, prévoir les associations qui feront sens et susciteront l’émotion.

Avec la voix, ajouter du son aux images : paroles ou chant. À ce stade ne pas hésiter à solliciter André avec sa voix et l’instrument de musique qu’est aussi la main-vielle.

Ainsi naîtra un nouvel objet audiovisuel à partager avec tous les participants.

Avec cette recréation, ce que montre le film initial est mis à distance et vu autrement.

Celui qui tourne la manivelle vit alors une expérience qui a à voir avec le fonctionnement de la mémoire et l’activité du rêveur. Une image en appelle une autre, les images se superposent, la chronologie est perturbée. C’est ce que permet la main-vielle, elle devient une machine à fabriquer du rêve et, grâce à la projection, une machine à faire partager ces images et ces sons qui suscitent chez les spectateurs d’autres émotions et font naître d’autres rêveries.

Bernard Semerjian

Les tableaux

  • Les déchets, ça me gave !

    Les déchets, ça me gave !

  • Viellée à Saint-Yrieix-la-Perche

    "Viellée" à Saint-Yrieix-la-Perche

  • "N'autre histoire" à Arette

    "N'autre histoire" à Arette

  • La nuit d'avant, la nuit d'après

    La nuit d'avant, la nuit d'après

  • "N’autre histoire" à Labastide-Clairence

  • Emmène-moi en vacances !

    Un dispositif "Suivez L'accent" en partenariat avec les Mutins de Pangée

    N'Autre Histoire s'inscrit dans la continuité du projet Suivez L'Accent, initié par André Minvielle et coordonné par l'association Les Chaudrons depuis 2004.

    La coopérative de production cinématographique Les Mutins de Pangée participe à cette aventure à la fois pour mettre en place un dispositif de restitution filmé des différents ateliers publics, mais aussi à travers un documentaire au long cours réalisé par Olivier Azam, avec l’idée de raconter une histoire populaire de la France.