André Minvielle écoute chanter les accents

Création d’une bibliothèque sonore des accents de la francophonie,des langues de France et autres langues à suivre…

Dans chaque territoire, dans chaque région francophone, aux quatre points cardinaux existe la même langue que ses accents rendent multiple. Il suffit, pour en découvrir les richesses sonores, les richesses verbales, les richesses humaines, d’arpenter la vie, de réveiller la mémoire locale, urbaine ou rurale.

Le projet "Suivez l'Accent"


Suivez l'accent - collectage Suivez l’Accent propose un travail de création artistique à partir de matériaux sonores et visuels: glaner les voix et les images ici et là, surprendre les singularités, les faire entendre, les faire vivre.

Depuis des années, André MINVIELLE avec l'association Les Chaudrons effectue le collectage et l’orchestration, de la saga subjective des parlers, des chanters, des histoires de vie des territoires qu’il parcourt en prenant le temps, d’observer, d’écouter, de rencontrer, de collecter ici et là les « accents de la francophonie, des langues de France et autres langues à suivre... »

Suivez l'accentIl agit sur un principe de déterritorialisation, c’est-à-dire de mise en relation et découverte des territoires par le trajet et l’échange, et fait jouer la matière collectée à l’aide de créations musicales, installations sonores, forum, ou encore ateliers publics.
Cette action est définie par deux directions principales interactives, collectage et restitution :
- Collectage sonore réalisé sur les sites d’accueil.
- Restitution de la phonothèque « Suivez l’accent » par des modules d’installations sonores.

 

Le collectage


« Suivez l’accent » fait parler l’accent, celui des marchés, des cafés, l’accent de l’histoire, l’accent de demain, celui qui marche entre deux langues, l’accent couleur…  et le mémorise comme on écrit un livre, comme on ordonne un album de photos.
Dans chaque territoire francophone existe la même langue que ses accents rendent multiple. Il suffit, pour en découvrir les richesses sonores, verbales, humaines, d’arpenter la vie, de réveiller la mémoire locale, urbaine ou rurale.

Ces captations seront destinées aux installations, à un carnet de routes et à des créations radiophoniques en partenariat avec les radios locales. Elles peuvent éventuellement  faire l’objet d’un livre-disque comme cela a été fait en Midi-Pyrénnées avec l’ouvrage Gueules de Voix paru aux éditions Privat en 2008. Ce livre relate le  parcours de collectage effectué dans cette région autour de témoignages écrits des acteurs guides de chaque site, d’un reportage photographique, d’interviews et des musiques créées à ces occasions.

D’un point de vue pratique Le collectage de l’accent est réalisé au fil des rencontres et peut revêtir différentes formes :

• des interviews sur les marchés, dans les cafés, chez les gens ;
• des enregistrements : le son des cloches, une recette de cuisine, une spécificité locale artisanale ou industrielle, des musiciens, des chants d’enfants ;
• des portraits filmés de personnalités, de caractères, d’individus atypiques, étonnants, drôles, tendres, passionnés, détenteurs de l’accent du territoire ou du trajet ;
• des lectures : sur une proposition de Georges Didi-Huberman, la base littéraire commune qui servira au collectage des accents de la francophonie sera un extrait de « Les travailleurs de la mer », de Victor Hugo.

 Les installations sonores


Suivez l'accent

 

La vocation de ces installations est de créer des dispositifs artistiques permettant de faire valoir de manière subjective des réflexions et interrogations sur la question de l’accent, sur la notion d’altérité et  sur l’idée d’une langue normée et figée souvent discriminante.
La notion d’accent réveille la mémoire, l’histoire, les trajets…
Ces installations se destinent au plus grand nombre, elles peuvent s’adapter à différents lieux : Musées, salle de spectacles, médiathèques, manifestations extérieures, ou encore lieux insolites de la cité ou des villages,  et se  proposent de faire entendre les différentes musiques des langues composant le patrimoine commun d’un territoire.
Mieux entendre et comprendre cette musique d’ailleurs c’est ouvrir un nouvel espace d’entendement où la peur de l’autre s’efface…
Nous ne prétendons pas remplacer les recherches des linguistes, sociologues  ou ethnomusicologues mais proposons un complément artistique à leurs travaux.

 Les Carnets de Route


Carnets de routeSuivez l'accent derrière votre écran par thème, par résidences ou par départements...
Sous l'onglet Carnets de Route, classés par thèmes ou zone géographique, 10 ans d'enregistrements à découvrir.
Les carnets de route restituent un aperçu du travail de collectage de la langue : interview, moments de vie, ambiances sonores, extraits d'installation ou résonnances de "chaudrons".
Promenez-vous dans notre bibliothèque sonore à la rencontre de personnalités connues ou non et dégustez les accents d'ici et là...

 

 

Note spécifique d'André Minvielle


Ces quelques années de collectage nous ont amené à réaliser des opérations de diffusions où se mêlent des invités qui donnent au projet plusieurs approches possibles.
« L’accent » n’est pas seulement le local, le territoire, la région, la ville ou le département, il est aussi la posture, le point de voix de l’individu face à la normalisation.
L’accent en peinture, c’est « l’intensité locale », comme l’individu le porte quand il se déplace.
Dans quelles mesures, la langue de l’accent dans la langue, influence une musique ?
La créolisation des langues françaises, anglaises et espagnoles par les anciens esclaves africains qui donneront le scat, improvisations à base d’onomatopées, ou les « lyrics » de John Hendrix, des mots écrits sur les solos de grands ténors de la musique de Jazz, …
Je pense aux acadiens du Québec, aux cajuns de la Nouvelle-Orléans venus de Poitou, de Vendée, de Bretagne avec leurs parlers.
Je pense au créole chanté du musicien René Lacaille de l’Ile de la Réunion, créole à base lexicale française (Gallo et Bas-Normand). Je pense aussi à la notation sur les partitions de musique occidentale classique qui est restée en italien,- (rubato, andante, pianissimo,  forte, etc…)

Suivez l'accentAinsi, nous avons rencontré lors d’une résidence à Grenoble l’ornithologue Alexis Noilhat qui nous parlé des chants d’oiseaux (90%  migrateurs) avec lesquels Olivier Messian (inhumé à Grenoble) à reconstitué ses oeuvres pleines d’intonations, d’accentuations,…
Je pense à l’écrivain Romain Gary (Emile Ajar) qui écrit « La vie devant soi » (Prix Goncourt en 1979) dans la langue orale d’un enfant de dix ans, immigré d’origine d’Afrique du Nord.
Je pense aux essais de Jean Dubuffet en accents de Franche-Comté dans son ouvrage : « Prospectus et tous écrits suivants » :
Je pense au poète Tristan Tzara d’origine Roumaine avec son accent « sur le chemin des étoiles de mer » - cofondateur de l’I.E.O. (Institut d’Etudes Occitanes) à Ghérasim Lucas, poète du bégaiement, au théâtre de Peter Brook en langues multiculturelles (Europe, Inde, Afrique,.. ;) à celui d’André Benedetto au théâtre des Carmes d’Avignon.
Je pense aux livres du poète antillais Edouard Glissant autour du thème central « la créolisation ». Une ouverture d’esprit lucide sur notre monde actuel.


Les Carnets de route

 

Les résidences " Suivez l'accent "

 

Partenaire du projet : Délégation à la langue française et aux langues de France