Un accident sans I.D.

André Minvielle


BRAOUUUWWMMM !!!
Je me suis endormi au volant de ma langue
Une nuit noire où je cherchais mes mots
J’ ai dérapé dans un mirage et me voilà dans le cirage...
Dans le bric à brac de ma syntaxe froissée ,Je ne peux plus bouger
je suis coincé.
Je suis du coin, de l’angle droit,
J’ entends des voix!!....
Des fois celle d’un accent
Cet accident sans i.d.
Dans l’ vent, c’est comm’ ça que ça tiens
On y peux rien, le tien, le mien, le chien
C’ est qu’ c’est un’ drôle d’histoire que d’aller à Thouars
C’ est que nul n’est sensé ignorer la Loire
Ma langue est sans dessus de source
Langue d’Oc où d’Oil, langue d’os
Quand je pense à Rabelais mon corps est empoté ( “ empoté par la foule...”)
Soudain, je suis en miettes!
J’ entends qu’arrivent les sirènes de la CQFD
Pimpom pompier, le beau parler, le bien chanter Le standaracadémisé, les trompettes de la renomée
Bien mal embouché, on m’ fait souffler dans un ballon:
Et voilà qu’il en sort l’ opéra, l’apéro, quelques manifs et quelques hestes Des repas de famille et puis des immigrés
Des chômeurs, des conscrits, des onomatopées
Des petits paysans, des mots valises sans poignées
Coquillages et crustacés, montagnes Pyrénées....
Et voilà que je suis transporté dans l’ambulance à logorrhée ( à logorrhée ) C’est dire: je nare, je conte, je rizhôme, je sudoripare
En sall’ d’opération on m’ refait l’ coup du colon
L’oeuf et la poule, la voix le corps
 “ Un corps c’est de la parole tel qu’il surgit...”
 Un point c’est dit! Quand Jacques a dit :
 UN homme averti en vaudou